Créations arts plastiques


Dans mon parcours de vie j'ai eu l'occasion de participer à des expositions et installations artistiques. En voici quelques-unes en images.


Et si tout cela ne tenait qu'à un fil

Au cours de mon travail de scénographe, j'ai eu l'opportunité de créer une installation dans les salons du château de Morsang sur Orge (Essonne), grâce à mon travail  avec la Cie Pascoli (Grenoble).

Pendant une semaine j'ai travaillé dans le salon pour créer sur place mes divers objets scénographiques autour du thème du lien, symbolisé par toutes sortes de fils et tricots.

 

Un catalogue a été édité expliquant la génèse du projet et le contenu de l'installation.

 

Le Banc-bobine, que je propose à la fabrication sous forme de stage, est directement inspiré de cette création/installation.

 

 

Les préparatifs


L'exposition

Génèse du projet et note d'intention (extraits)

Architecte de formation, l'espace a toujours été pour moi un langage à art entière. J'aime travailler avec l'architecture d'un lieu, son organisation spatiale, son esthétique, son histoire, pour y intégrer une installation plastique. (...)

L'essentiel, pour moi, est de donner au public à ressentir une idée, d'être dans une compréhension sensible, de s'imprégner d'un propos, de le vivre, voire d'y participer. (...)

Le travail avec les matières est primordial car ce sont elles qui déterminent la cohérence avec le. propos. Les matières évoquent, suggèrent, rappellent, attirent, intriguent, et ne sont jamais neutres, c'est pour cela qu'elles m'intéressent. (...)

Depuis longtemps déjà les questions sur la nature des relations humaines imprègnent mon travail. (...) Entrer en relation avec l'autre c'est admettre ses différences pour construire un échange de valeurs. (...)

Cette installation parle des liens qui nous unissent,qui nous relient les uns aux autres, de la nécessité de ces relations pour se construire, pour avoir la sensation d'appartenir à cette même humanité, elle parle aussi de la fragilité de ces relations, de la difficulté à les maintenir sereines et positives. (...)

Comme les habitants de la ville d'Ersilie, imaginée par Italo Calvino dans son livre "Les villes invisibles", il s'agit de mettre en évidence ces liens qui nous relient. (...)

En prenant au pied de la lettre les expressions "tisser des liens", "nouer des relations", l'espace du salon sera investi par des fils de toutes natures, fils qui seront tricotés, tissés, noués, etc. (...) Une série de pull-over déjà portés sera installée, comme autant de portraits, sur les cimaises laissées vacantes faute de tableaux. Ces "portraits" deviendront le point de départ de toute relation. Les pull-over seront reliés les uns aux autres formant ainsi une architecture de fils, fragile, aléatoire, transparente.

Chaque relation donnera lieu à un espace de convivialité, une énorme bobine de fils entrelacés couchée formant une assise où chacun pourra se poser et discuter avec son voisin. (...)



Extrait du catalogue, écrit par Karine Maire:

" Pour ne pas se prendre les pieds dans la toile mais permettre au contraire une libre circulation, Anne-Sophie Dubourg échafaude un espace habitable, construit une architecture sur le fil, environnement précaire qui interroge les liens qui nous unissent. La manche tendue vers une autre est le lien qui pourrait à tout moment se rompre et le trait tiré, détricoter la manche. Et si tout cela ne tenait qu'à un fil souligne le titre.

 

Architecte de formation et scénographe d'une compagnie de danse, l'artiste sait ce que signifie habiter l'espace en nous faisant partager son expérience.

 

"J'aime que les gens se posent dans mes installations, qu'ils s'installent dans mes créations", nous dit-elle. Elle transforme le salon du château en séjour convivial où les tons chauds de rouge et de matières duvetées et moelleuses réchauffent l'atmosphère hivernal. De cette première rencontre qui anime deux portraits de pull-over déjà portés, elle tisse d’autres liens. De ce fil tiré, elle tend une trame qui s’adosse à d’énormes bobines posées sur le sol. Accessoires au décor, les bobines sont des bancs publics sur lesquels un ouvrage entamé attend. Sur une petite table à proximité, repose une caisse comprenant le kit de l’apprenti tricoteur (manuel du tricot, aiguilles et pelotes de laine). Ces éléments à disposition  complètent la mise en scène de la rencontre en invitant à se poser.

 

Planter ses aiguilles, occuper ses mains à répéter le même geste est une activité qui favorise la distraction, libère l'écoute, provoque la disponibilité. Ce travail convoque la parole, lui-même motivé par le langage. Le fil est la métaphore du lien, tisser du lien de quelque nature que ce soit, fil tendu, fragile, croisé, entrelacé, lié, noué, tissé. Tension du fil évoquant la fragilité des relations humaines, lien à préserver ou à bâtir. L'artiste, en créateur de lien social, offre des espaces de convivialité qui finissent par s'absenter du regard au profit d'une mise en situation. Anne-Sophie Dubourg pose des rencontres. Le tricot est un prétexte.

 

Parce que les liens ne sont pas standardisés, l'artiste a choisi de fabriquer ces éléments elle-même et de leur laisser un aspect brut. Tout est question de mise en oeuvre pour que s'opère la rencontre. Les techniques traditionnelles comme le tricot, le tissage, la teinture et le bricolage sont au service de l'idée. "Donner envie de se poser, proposer des rencontres", tel est le motif et la trame de l'ouvrage. Le fait main, l'aspect artisanal rejoint donc cette attention portée au lien non calibré. Pour l'artiste, être dans le faire compte autant que l'idée. Elle s'élabore dans sa fabrication lorsqu'elle ajoute "j'aime faire et ne pas donner à faire. Je conçois une oeuvre au fur et à mesure de sa construction".

 




Hors échelle de valeurs

...balade... parce que vous êtes un bon client...


Dans le cadre d'un partenariat avec la communauté Emmaüs de Bourgoin-Jallieu (38), je me suis lancée dans un travail photographique autour de leur décharge (celle-ci a disparu depuis). Je souhaitais mettre en évidence l'absurdité du toujours consommer pour ensuite toujours jeter, ce cycle infernal qui rempli nos poubelles et nos décharges (déchèteries, maintenant).

Ces photos ont été prises sous la forme de diapos et projetées avec un montage sonore, dans une caravane accueillant une petite dizaine de spectateurs.

Le montage sonore issu de diverses prises de sons, mélange de manière humoristique des conversations au sein d'un centre commercial, des extraits de publicité, et des bruits de décharge. Le noir et blanc utilisé souligne le côté graphique des objets et de l'espace de la décharge.

 

Les objets ont été photographiés dans leur position initiale, il n'y a eu aucun travail de mise en scène.

 

Je remercie une nouvelle fois les responsables et tous les compagnons de la communauté qui m'ont aidé à réaliser ce projet, ainsi que Bastien Peyron pour son aide au niveau du montage sonore, et Marie-Laure Costa pour son aide dans le développement des diapos.

 


A suivre...